De la nécessité d’une éducation à la psychologie dès l’école primaire

Quand je cherche à identifier ce qui manque le plus à nos sociétés, face aux défis si particuliers de notre époque, je reviens invariablement au même constat : ce qui fait défaut n’est pas seulement une ressource matérielle, ni même une compétence technique, mais une forme d’éducation fondamentale. Non pas l’éducation au sens général — car nos écoles regorgent de disciplines et de savoirs — mais une éducation spécifique, dont l’absence m’apparaît chaque jour plus criante : l’éducation à la psychologie.

On nous apprend, dès l’enfance, à parler, à lire, à écrire, à compter. Ces basiques sont indispensables, nul ne songerait à les contester. Puis viennent les matières plus spécialisées, destinées à nous ouvrir au monde : biologie, histoire, géographie, langues vivantes, éthique. Autant de domaines qui nous permettent de comprendre notre environnement, d’en explorer les règles, d’en saisir les forces et les fragilités. Mais une question demeure, obsédante : pourquoi n’apprend-on pas, avec la même rigueur, à comprendre le terrain le plus proche et le plus décisif de tous — nous-mêmes ?

Dans le système éducatif que j’ai connu, et que connaissent aujourd’hui mes enfants, il n’existe pas de cours d’éducation à la psychologie. On y trouve, certes, une éducation sexuelle — nécessaire à la santé publique, précieuse pour la vie intime et collective. Mais rien qui ressemble à une formation méthodique pour comprendre comment fonctionne notre esprit, comment naissent nos émotions, comment s’élaborent nos pensées et nos réactions. Rien qui nous aide à saisir pourquoi nous croyons ce que nous croyons, pourquoi nous ressentons ce que nous ressentons, et quelles illusions nous menacent si nous ignorons ces mécanismes.

Or cette absence n’est pas un détail : elle conditionne la manière dont nous vivons, la manière dont nous construisons nos sociétés, et même la manière dont nous abordons la question du bonheur. Elle explique une part essentielle de nos fragilités contemporaines, de notre vulnérabilité face à la désinformation, aux dogmes extrémistes, aux dirigeants toxiques. Elle explique aussi pourquoi tant de nos existences, malgré l’abondance des connaissances disponibles, peinent à trouver une orientation claire et apaisée.

C’est pourquoi je voudrais défendre ici une idée simple, mais dont les conséquences sont immenses : il est urgent d’intégrer l’éducation à la psychologie dès le plus jeune âge, comme une discipline à part entière de notre formation commune.

Désinformation et complotisme : le rôle des biais cognitifs

Parmi les périls qui menacent nos sociétés, la diffusion massive de fausses informations et la prolifération des théories complotistes occupent une place centrale. On pourrait les aborder par leurs causes sociologiques, économiques ou technologiques ; mais il me semble qu’un autre angle, plus décisif encore, est trop souvent négligé : celui de la psychologie.

Car pour comprendre pourquoi nous croyons à des récits infondés, pourquoi nous partageons des contenus douteux, pourquoi nous nous laissons entraîner dans des logiques de soupçon et de simplification extrême, il faut d’abord comprendre comment notre propre esprit fonctionne. C’est le domaine appelé métacognition : la faculté de comprendre pourquoi je pense ce que je pense. Le mot peut paraître intimidant, mais il recouvre une réalité très simple : apprendre à observer les mécanismes de sa pensée, à en déceler les automatismes, à en identifier les failles.

Dans ce champ, un élément est décisif : la connaissance des biais cognitifs. Notre cerveau, saturé d’informations, utilise des raccourcis pour traiter plus vite ce qu’il perçoit. Ces raccourcis ne sont pas en soi des défauts : ils nous permettent de décider rapidement, d’agir sans analyser chaque détail. Mais ils deviennent dangereux quand nous en ignorons l’existence, car alors nous nous laissons piéger par eux.

Or, dans le domaine précis de la désinformation, deux biais dominent avec une force redoutable : le biais de simplicité et le biais de négativité. Le premier nous conduit à préférer les explications courtes, claires, linéaires, même quand la réalité est complexe, nuancée et résistante à toute simplification. Le second nous pousse à accorder plus de poids, plus d’attention, plus de crédibilité à ce qui est sombre, menaçant, inquiétant, plutôt qu’aux récits positifs ou équilibrés.

Ces deux biais se combinent parfaitement avec la logique des réseaux sociaux. Car l’époque des grands médias centralisés — journaux, radios, télévisions —, avec leurs filtres éditoriaux, leurs rédactions, leurs vérifications, aussi imparfaites fussent-elles, est révolue. Nous sommes désormais dans un marché ouvert de l’information où la valeur d’un contenu n’est plus jugée sur sa vérité, mais sur sa capacité à retenir l’attention. Or ce marché est gouverné par des algorithmes conçus pour maximiser le temps passé devant les écrans. Ces algorithmes ne privilégient ni la nuance, ni la complexité, ni la véracité ; ils privilégient ce qui attire l’œil et suscite une réaction. Et ce qui attire le plus, ce qui se propage le mieux, ce sont précisément les contenus simplistes et négatifs.

On laisse ainsi des adolescents, des jeunes adultes — mais aussi leurs parents, et même leurs grands-parents — affronter sans défense cognitive un flux ininterrompu de messages taillés pour leurs biais. On s’étonne ensuite que le complotisme prospère, que les rumeurs s’enflamment, que les fausses informations se répandent à une vitesse foudroyante. Et ce n’est pas une question d’âge, ou d’expérience, puisque les études sur le sujet concluent que les générations les plus âgées, parfois caricaturées comme les « boomers », figurent parmi les populations qui partagent le plus massivement ces contenus trompeurs.

Comment s’étonner d’une telle vulnérabilité, alors qu’aucun apprentissage, aucune formation, aucune initiation à la psychologie n’a été donnée en amont ? Comment s’étonner que l’on se laisse abuser par ce qui flatte nos réflexes mentaux les plus immédiats, quand nous ignorons même que ces réflexes existent ?

La première barrière contre la désinformation et le complotisme n’est donc pas d’ordre technologique. Elle ne réside pas seulement dans le développement de logiciels de vérification ou de politiques de modération plus strictes. Elle se trouve en amont, dans la conscience intime que chacun devrait avoir de ses propres biais, de ses propres faiblesses cognitives. Sans cette lucidité, nous sommes prisonniers des pièges que notre propre esprit nous tend. Avec elle, au contraire, nous pouvons commencer à résister — non en rejetant en bloc ce que nous lisons, mais en apprenant à interroger nos certitudes, à questionner la facilité et la noirceur des explications qu’on nous propose.

C’est pourquoi je crois que l’éducation à la psychologie n’est pas un supplément d’âme, ni un luxe destiné à quelques initiés, mais une condition de survie intellectuelle et démocratique.

Croyances extrémistes et besoin de certitudes

La question du complotisme nous mène naturellement vers un champ plus vaste : celui des croyances extrémistes et du dogmatisme, sous toutes leurs formes. Qu’il s’agisse de religions traditionnelles prises au pied de la lettre, d’idéologies politiques absolutistes ou de théories du complot poussées jusqu’à la radicalité, le mécanisme de fond est identique : l’esprit humain cherche désespérément à transformer l’incertitude en certitude.

C’est là une caractéristique essentielle de notre cerveau. L’incertitude nous est douloureuse. Elle engendre ressassements, ruminations, questionnements sans fin. Elle provoque des émotions pénibles : peur, colère, anxiété. Ces émotions, à leur tour, créent une véritable souffrance, parfois physique, toujours psychique. Or, face à ce malaise, notre esprit est programmé pour trouver une issue. Et il la trouve le plus souvent en s’agrippant à une explication, quelle qu’elle soit — pourvu qu’elle mette un terme au vertige du doute.

C’est là que les biais cognitifs s’invitent de nouveau. Confronté à un événement douloureux qu’il ne comprend pas, le cerveau préfère une réponse claire, tranchée, qui lui dit qui est coupable, qui est responsable, qui doit être tenu pour cause du malheur. Une réponse qui, de surcroît, contient une part d’ombre, une menace, un danger : car cette noirceur attire notre attention, capte notre énergie, et donne au récit une intensité émotionnelle qui le rend plus convaincant.

Ainsi naissent les croyances extrémistes. Elles fournissent une certitude en échange du doute, une explication simple en échange de la complexité, un récit négatif en échange de l’inconfort de l’incertitude. Et peu importe que cette explication soit fausse, tronquée ou manipulée : elle accomplit sa fonction psychologique, qui est d’apaiser une angoisse.

Comprendre ce mécanisme est crucial. Car sans cette lucidité, nous restons persuadés que nos certitudes sont le fruit d’une réflexion objective, alors qu’elles sont souvent la réponse hâtive de notre cerveau cherchant à échapper à la douleur du doute. Une fois ce processus révélé, nous pouvons commencer à nous en méfier : interroger nos certitudes, les tester, accepter qu’elles soient fragiles, peut-être erronées. Nous pouvons apprendre à nous dire : « Cette conviction que j’ai n’est pas forcément une vérité, mais peut-être une béquille que mon esprit a construite pour me protéger. »

Mais cet apprentissage est exigeant. Il demande de s’habituer peu à peu à supporter l’incertitude, à demeurer dans cet espace inconfortable où l’on ne sait pas encore, où l’on cherche encore. C’est, à mes yeux, l’un des plus grands paradoxes et des plus grands défis de nos existences : être humain, c’est avoir les capacités cognitives pour concevoir ses propres incertitudes, tout en ayant très difficilement les capacités émotionnelles de les supporter. .

Éduquer à la psychologie, ce serait introduire très tôt cette idée dans l’esprit des enfants : l’incertitude fait partie de la vie, et la supporter sans se jeter dans les bras de la première explication simpliste est une force. C’est peut-être même l’une des forces les plus précieuses pour éviter les dérives dogmatiques, qu’elles soient religieuses, politiques ou idéologiques. Car l’extrémisme naît moins d’un excès de conviction que d’une incapacité à habiter le doute.

Choix des dirigeants et rôle des psychopathes

Un autre domaine où l’absence d’éducation à la psychologie se révèle dramatique est celui du choix de nos dirigeants, qu’ils soient politiques ou économiques. Nous vivons dans des systèmes électifs que nous continuons d’appeler « démocratiques », mais qui, en réalité, relèvent d’une aristocratie au sens premier du terme : le gouvernement des « meilleurs ». Or comment prétendre élire les meilleurs si nous n’avons reçu aucune formation nous permettant d’identifier les traits de personnalité réellement aptes à exercer le pouvoir ?

Un concept est ici décisif : celui de la personnalité psychopathe. On a beaucoup écrit sur ce terme, parfois de manière caricaturale, mais ses déterminants sont clairs. Le psychopathe est d’abord un individu dépourvu d’empathie. Il n’éprouve ni remords ni culpabilité face aux souffrances qu’il peut infliger aux autres. Son centre d’intérêt majeur est sa propre personne : son pouvoir, sa gloire, son image. Tout le reste est secondaire.

Ces traits, dans la vie ordinaire, peuvent conduire à des comportements destructeurs. Mais dans le monde de l’entreprise et de la politique, ils se transforment en avantages compétitifs. Car il est beaucoup plus facile d’être un dirigeant si l’on n’a rien à redouter de la douleur d’autrui. Un licenciement massif, par exemple, qui bouleverserait un dirigeant empathique, le plongerait dans des nuits sans sommeil, des ruminations, une anxiété profonde, ne coûte rien à un psychopathe. Il peut prendre la décision, la mettre en œuvre, et dormir paisiblement le soir même. Ce détachement est redoutablement efficace.

De même en politique : un homme ou une femme d’État soucieux de vérité souffrira de ses contradictions, de ses mensonges, de la peur de tromper. Un psychopathe, lui, n’en souffre pas. Il dira ce qui lui est utile pour séduire, sans se soucier de sa cohérence, ni de la véracité de ses propos. L’important n’est pas que ses déclarations soient exactes, mais qu’elles produisent l’effet attendu sur l’opinion.

C’est ainsi que des personnalités comme Elon Musk dans le monde économique, Steve Jobs avant lui, ou Donald Trump dans le champ politique, parviennent à s’imposer comme figures tutélaires. Lorsqu’on observe leurs comportements à l’égard de leurs employés, de leurs partenaires ou du public, lorsqu’on écoute les témoignages de ceux qui ont travaillé avec eux, il est difficile de ne pas y voir les traits caractéristiques du psychopathe : absence de remords, indifférence à la souffrance, instrumentalisation permanente des autres à des fins personnelles.

Le piège, c’est que ces personnalités peuvent fasciner. Pour qui n’a pas compris le mécanisme, elles apparaissent comme des surhommes : capables de décisions radicales, de discours flamboyants, d’actions qu’une personne « normale » n’oserait pas entreprendre. On en vient à les admirer, à penser qu’ils possèdent une force singulière, un courage supérieur. En réalité, ce ne sont pas des surhumains : ce sont, si l’on me permet ce mot que j’emploie avec précaution, des sous-humains — des êtres qui manquent de certaines qualités essentielles de l’humanité, comme l’empathie, la sensibilité au jugement d’autrui, la capacité à se laisser affecter par la souffrance des autres.

Ce manque, loin d’être une faiblesse, devient dans nos structures sociales un atout redoutable. Car il permet à ces individus de gravir plus aisément les échelons du pouvoir, de se maintenir à des postes de direction, d’exercer une domination sans être entravés par les scrupules qui retiennent les autres. Les études disponibles suggèrent que si la proportion de personnalités psychopathiques dans la population générale se situe à quelques pourcents (1% à 5% selon les études), elle grimpe fortement lorsqu’on observe les postes de direction — atteignant, selon certaines sources, autour de 15 à 20 % chez les dirigeants d’entreprise et les responsables politiques (1).

Voilà pourquoi l’éducation à la psychologie est indispensable : elle donnerait à chacun une grille de lecture pour identifier ces personnalités, comprendre pourquoi elles fascinent, pourquoi elles parviennent à séduire et à convaincre, et surtout pourquoi elles sont destructrices une fois au pouvoir. Elle nous aiderait à ne pas travailler pour elles, à ne pas les élire, à ne pas acheter leurs produits, à ne pas leur confier nos sociétés.

Car le véritable drame, aujourd’hui, est que nos systèmes politiques et économiques, faute de citoyens formés à ces réalités, offrent trop souvent leurs rênes à ceux qui en sont le moins dignes.

L’aptitude au bonheur

Si l’éducation à la psychologie est nécessaire pour résister à la désinformation, éviter l’extrémisme et mieux choisir nos dirigeants, elle l’est tout autant pour une raison plus intime et universelle : apprendre à être heureux.

Car notre morale collective a changé de boussole au fil des siècles. Pendant longtemps, elle fut centrée sur Dieu : les normes de comportement étaient définies en référence à une transcendance religieuse. Puis, avec la modernité, elle s’est orientée vers la réduction de la souffrance, l’idée que nos lois et nos règles devaient avant tout limiter les douleurs infligées aux individus. Et aujourd’hui, dans nos sociétés sécularisées, la morale tend à viser un objectif encore plus explicite : permettre aux individus d’être heureux.

Mais si telle est notre boussole, pourquoi n’enseignons-nous pas dès l’école ce que la recherche en psychologie a déjà établi sur les déterminants du bonheur ? Pourquoi laissons-nous chacun tâtonner à l’aveugle, au risque de poursuivre des chimères, alors même que nous disposons de données solides sur ce qui, durablement, contribue à une vie bonne ?

L’exemple le plus célèbre est sans doute l’étude longitudinale de Harvard, commencée il y a plus de quatre-vingt-dix ans et poursuivie jusqu’à aujourd’hui. Popularisée notamment par un TEDx, elle montre avec une constance impressionnante que le facteur le plus décisif pour vivre heureux et en bonne santé n’est ni la richesse, ni la gloire, ni même la réussite professionnelle, mais la qualité des liens sociaux positifs et durables. Ce sont nos relations — profondes, stables, nourries de confiance — qui déterminent, plus que tout autre paramètre, notre bien-être à long terme (2).

Voilà une conclusion d’une simplicité lumineuse, et pourtant si rarement intégrée dans nos choix de vie. Combien d’existences s’épuisent à courir après des objectifs matériels ou symboliques, tout en négligeant le tissu des relations humaines qui, en réalité, fonde notre bonheur ? Combien de nos politiques publiques, de nos modèles éducatifs, de nos stratégies économiques passent à côté de cette évidence ?

Si l’on enseignait dès l’école ces résultats, si l’on expliquait aux enfants que le bonheur ne se trouve pas seulement dans l’accumulation ou la compétition, mais dans la construction de liens sociaux de qualité, peut-être orienterions-nous autrement nos trajectoires individuelles et collectives. Peut-être ferions-nous moins d’erreurs dans la manière de concevoir nos vies, nos sociétés, nos priorités.

En ce sens, l’éducation à la psychologie n’est pas seulement un instrument de vigilance ou de protection. Elle est aussi une école de sagesse pratique : une manière d’apprendre à mieux vivre, à orienter nos désirs vers ce qui, réellement, nous épanouit.

À travers ces exemples — la prolifération des fausses informations, la montée des croyances extrémistes, la difficulté à reconnaître et à écarter les personnalités psychopathiques, la quête confuse du bonheur — une évidence s’impose : il nous manque une boussole intérieure. Nous avons multiplié les savoirs, raffiné nos techniques, accumulé des connaissances sur le monde extérieur. Mais nous n’avons pas appris, collectivement, à nous comprendre nous-mêmes.

C’est pourquoi je crois que l’éducation à la psychologie est la discipline la plus urgente à introduire dans notre système éducatif. Non pas comme un supplément, mais comme un socle. Car elle est la condition de tout le reste : sans elle, nous sommes des lecteurs habiles mais crédules, des citoyens instruits mais manipulables, des travailleurs compétents mais vulnérables à des dirigeants toxiques, des individus modernes mais démunis devant la question du bonheur.

Apprendre à lire, à écrire, à compter, c’est apprendre à déchiffrer le monde extérieur. Apprendre la psychologie, c’est apprendre à se déchiffrer soi-même. Et sans cette clé, toute notre éducation reste incomplète. Voilà pourquoi, de toutes les disciplines qu’on pourrait ajouter à l’école, celle-ci me paraît la plus fondamentale.

(1)  J. Blais, E. Solodukhin, et A. E. Forth, “A Meta-Analysis of the Prevalence of Psychopathy in Adult Samples,” Frontiers in Psychology 12 (2021), https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.695 ; Trust My Science, “Une étude révèle que 5 % de la population adulte est psychopathe,” 21 août 2021, https://trustmyscience.com/etude-revele-5-pourcent-population-adulte-psychopathe/ ; University of San Diego, “Professor’s Study Finds 12 Percent of Corporate Leaders May Be Psychopaths,” 28 mars 2022, https://www.sandiego.edu/news/detail.php?_focus=81705 ; Olivier Faye, “Non, 20 % des patrons ne sont pas des psychopathes,” Le Monde, 26 septembre 2016, https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/26/non-20-des-patrons-ne-sont-pas-psychopathes_5003596_4355770.html ; Wikipedia, “Psychopathy,” Wikipedia, consulté le 26 août 2025, https://en.wikipedia.org/wiki/Psychopathy.

(2) Étude longitudinale de Harvard (Study of Adult Development, initiée en 1938) ; popularisée par Robert Waldinger dans un TEDx Talk en 2015 (What Makes a Good Life? Lessons from the Longest Study on Happiness)

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