A propos


J’écris sous le nom de ThresholdHuman. Ce choix n’est pas anodin : il condense en peu de lettres ce que je tente d’explorer et ce que je vis moi-même : la condition d’un humain placé sur un seuil, au moment d’un basculement civilisationnel. Nous quittons l’ère du livre imprimé, patiemment construite depuis Gutenberg, pour entrer dans l’ère numérique, faite de flux, de code et d’instantanéité. J’appartiens à cet entre-deux : plus tout à fait de l’ancien monde, pas encore entièrement du nouveau.

Publier sous pseudonyme est, pour moi, une discipline autant qu’une protection. Une discipline, parce que cela oblige mes textes à se tenir debout par eux-mêmes, sans l’appui d’une biographie, d’un statut social ou d’une identité publique. Une protection, parce que les thèmes que j’aborde — gouvernance, récits collectifs, basculements, vérité et fiction — peuvent facilement être détournés, caricaturés ou amalgamés à des catégories simplificatrices. L’anonymat m’offre la liberté de dire, et il vous offre, à vous lecteurs, la possibilité de recevoir mes textes sans préjugés.

Car nous portons tous des filtres : le métier d’une personne, son âge, son genre, sa classe sociale suffisent à susciter des projections, des jugements anticipés, des sympathies ou des rejets. En publiant sous pseudonyme, je cherche à limiter ce bruit : que vous jugiez mes écrits pour leur cohérence, leur force ou leurs limites, sans les associer à un visage, un statut, une carrière. Ce qui compte ici, ce n’est pas “qui je suis”, mais ce qui est proposé, et la façon dont cela résonne en vous.

J’ai choisi un pseudonyme anglo-saxon, non par préférence culturelle — ma langue maternelle est le français et c’est en français que j’écris d’abord — mais par pragmatisme. Les thèmes que j’explore — gouvernance distribuée, informatique distribuée, revenu universel, nouveaux modes de communauté — sont davantage discutés dans le monde anglo-saxon que dans l’espace francophone. Pour que mes textes circulent aisément, je les publie toujours en deux langues : une version originale en français, et une version traduite en anglais. Avoir un pseudonyme unique, immédiatement lisible partout, est une manière de garantir cette simplicité et cette efficacité.

Ce choix est aussi cohérent avec ce que je défends. Dans une gouvernance distribuée, il est nécessaire que les contributions soient visibles, traçables, accessibles à tous — mais il est tout aussi nécessaire qu’elles puissent être faites sous pseudonyme, afin que l’évaluation des idées ne soit pas biaisée par l’identité de celui qui les porte. L’anonymat, dans ce cadre, n’est pas un masque, mais une condition de liberté et d’équité. Ce que je tente ici, c’est de mettre en pratique cette logique : donner à voir mes contributions sous un nom cohérent et stable, mais protégé de l’exposition sociale.

ThresholdHuman, littéralement « l’humain du seuil », est donc plus qu’un pseudonyme. C’est une posture d’écriture, une façon de vivre ce passage d’une civilisation à une autre, d’essayer de nommer les transformations que nous traversons. Écrire depuis ce seuil, c’est accepter d’être doublement exposé : encore habité par le monde du papier et déjà traversé par le monde numérique. C’est accepter d’explorer ce qui change dans nos manières de penser, de vivre ensemble, de gouverner, de croire et de créer du sens.